Les CFD : « Contract For Différence »
Le CFD ( « Contract For Différence ») est un produit financier dérivé à fort effet de levier. Il fait l’objet d'une négociation directe, et en temps réel, entre l’investisseur et le courtier négociateur. Le CFD permet de réaliser des profits indexés sur la variation à la hausse comme à la baisse du cours d’un sous-jacent. Le CFD suit scrupuleusement chaque mouvement du marché.
Les caractéristiques d’un CFD
Il n’existe donc pour ce marché aucun échange organisé et aucun organisme garantissant le bon déroulement de l’opération.
Le CFD bénéficie d'un effet de levier fixé contractuellement et à l'avance avec un intermédiaire financier.
L'effet de levier des CFD proposés par les différents intermédiaires est très supérieur à celui du Service à Règlement Différé (SRD). Il se caractérise par des effets de levier pouvant aller de 10 à 20 fois la valeur des actifs déposés par l’investisseur sur son compte.
L'effet de levier équivaudra dans certains cas à bloquer une couverture espèces de seulement 5 ou de 10% pour les actions françaises cotées par le courtier sous forme de CFD.
Il n'y a aucune date d'échéance, ni aucune quotité exigée, pour les CFD.
Les actifs sous jacents utilisés comme supports du CFD sont aussi bien des actions que des indices, des devises ou des matières premières.
L’utilisation des CFD pour optimiser la gestion de son portefeuille
L’investisseur pouvant être acheteur ou vendeur au prix de marché, il peut bénéficié à la fois des hausses et des baisses de cours. Les variations de cours des CFD sont directement corrélées au cours des sous-jacents.
Lorsque le client anticipe une hausse du prix du sous-jacent, il est acheteur d’un CFD (et vendeur à une date ultérieure). En revanche, si il anticipe une baisse du prix du sous-jacent, il est vendeur, dans un premier temps, d’un CFD (et acheteur à une date ultérieure).
Lorsque l’investisseur solde sa position, la différence entre le cours d’ouverture et le cours de fermeture est créditée ou débitée sur son compte.
Les CFD permettent d'accroître de manière significative l’effet de levier sur le capital investi. Toutefois, si la valeur de l’actif ou du marché évolue dans le sens inverse de la position prise, les pertes peuvent aller jusqu’à excéder l'investissement initial.
Deux exemples d’utilisation des CFD
Illustration pratique d’un achat de CFD
Mme Jocine a un montant d'actifs disponibles de 10 000 euros. Avec l'effet de levier du CFD, elle pourrait avoir une position totale de 100 000 euros ou de 200 000 euros selon les conditions pratiquées par les différents courtiers spécialisés. Le courtier retenu pratique un effet de levier de 10. La somme des opérations de Mme Jocine se limitera néanmoins à un montant de 50 000 euros maximum soit l’utilisation d’un effet de levier de 5 fois son capital.
Prise de position le 12 mai 2010
Mme Jocine anticipe une hausse sur le cours de l’action BNP Paribas.
Elle est acheteuse de 1 000 actions avec des CFD sur BNP Paribas au prix unitaire de 50 euros (fourchette de cotation du courtier 49.95 / 50.00).
Une commission de 50 euros qui correspond aux frais de transactions (1 000 actions x 50 x 0.1%) est prélevée sur son compte.
Il faut aussi prendre en compte les frais de financement calculés sur la base de la valeur totale de la position et intégrer, le cas échéant, les paiements des dividendes intervenant pendant la période de prise de position. Ils sont crédités sur le compte du client en position acheteuse.
Au lieu de régler le montant total de sa position acheteuse (soit 1 000 actions x 50 € = 50 000 euros) à son intermédiaire financier, Mme Jocine doit avoir une couverture égale à 10% x 1 000 actions x 50 € = 5 000 euros.
Vente le 19 mai 2010
Dix jours plus tard, Mme Jocine vend ses CFD sur BNP Paribas au prix unitaire de 52,30 euros (fourchette de cotation du courtier 52.30 / 52.35), soit un gain de 2 300 euros (52,30 x1 000 50 x 1 000).
Les frais de transaction s'élèvent alors à 52,30 euros (1 000 actions x 52.30 x 0.1%).
Le profit brut sur cet investissement est très conséquent puisque de 2 300 euros hors frais.
Il correspond à 23 % du capital initial de Mme Jocine. Toutefois, si l’anticipation de Mme Jocine n’est pas la bonne, le risque est bien entendu d’enregistrer ce type de variation en perte. Il est donc fortement recommandé de placer un ordre de bourse à seuil de déclenchement à la vente pour limiter les pertes en cas de baisse de la valeur.
Illustration pratique d’une vente de CFD
Prise de position le 12 mai 2010
Mme Jocine anticipe une baisse sur le cours de l’action BNP Paribas.
Elle est vendeuse de 1 000 actions avec des CFD sur BNP Paribas au prix unitaire de 50 euros (fourchette de cotation du courtier 50.00 / 50.05).
Une commission de 50 euros qui correspond aux frais de transactions (1 000 actions x 50 x 0.1%) est prélevée sur son compte.
Il faut aussi prendre en compte les frais de financement calculés sur la base de la valeur totale de la position et intégrer, le cas échéant, les paiements des dividendes intervenant pendant la période de prise de position. Ils sont débités sur le compte du client en position vendeuse.
Mme Jocine doit avoir, pour couvrir sa vente, une couverture égale à 10% x 1 000 actions x 50 € = 5 000 euros.
Achat le 19 mai 2010
Dix jours plus tard, Mme Jocine achète ses CFD sur BNP Paribas au prix unitaire de 48,95 euros (fourchette de cotation du courtier 48.90 / 48.95).
Les frais de transaction s'élèvent alors à 48,95 euros (1 000 actions x 48.95 x 0.1%).
Le profit brut sur cet investissement est d’environ 900 euros avec les frais de transactions, ce qui correspond à 9 % du capital de Mme Jocine.
Si l’anticipation de Mme Jocine n’est pas la bonne, le risque est comme précédemment d’enregistrer ce type de variation en perte. Il est donc aussi fortement recommandé de placer un ordre de bourse à seuil de déclenchement à l’achat pour limiter les pertes en cas de hausse de la valeur.
La fiscalité applicable aux CFD
La taxation des CFD s’effectue uniquement en fonction des plus ou moins-values réalisées.
Contrairement aux valeurs mobilières, les CFD sont taxés dès le premier euro.
La taxation des plus-values est de 30,3 % en 2011 (12,3% de prélèvements sociaux).
Les moins-values enregistrées sur les CFD sont imputables sur les plus-values réalisées durant la même année, ou au cours des 10 années suivantes.
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